Le Vietnam de mes amours Texte et photos de Sylvie Roy Décembre 2009 - Janvier 2010
Je rêvais depuis longtemps que mon entrée en Asie s'effectue par le Vietnam. Il m'a pourtant fallu 5 ans avant de réaliser ce rêve. En effet, j'ai eu le temps d'aller en Thaïlande en 2004, en Chine en 2005 et en Inde en 2007 avant de découvrir ce pays troublant et complexe tout à la fois, fin 2009.
Steve et moi avons passé 3 semaines au Vietnam. Nous avions le projet de rejoindre un ami à Hanoi, Denis Bissonnette, établi dans cette ville depuis 8 ans et marié avec une Vietnamienne dont toute la famille vient de Hanoi.
Mes attentes étaient élevées par rapport à la capitale du Vietnam unifié, mais à vrai dire Hanoi m'a plutôt déçue, mis à part le célèbre lac Hoan Kiem, une étendue de calme et de beauté au centre de la ville où les Vietnamiens font du tai chi au lever du jour, avant de se rendre au travail.

Hanoi est une ville polluée, bruyante où traverser une rue représente un sport extrême. Les motos y sont omniprésentes, dix fois plus nombreuses que les voitures. Une plaie pour les piétons notamment, car elles envahissent les rues pour circuler et les trottoirs, pour se garer. Toutefois je dois dire qu'une promenade dans le vieux quartier commerçant est tout à fait spéciale. Par exemple, dans chaque rue étroite se regroupent des marchands qui vendent la même spécialité : on se promène ainsi dans la rue des paniers, la rue des brosses, la rue des chaussures, etc. Ces rues sont achalandées, c'est le moins qu'on puisse dire...
Mes deux coups de cœur au nord du Vietnam furent plutôt la baie d'Halong, puis la visite des minorités, à Sapa.
La baie d'Halong c'était pour moi le film Indochine, avec Catherine Deneuve. Je n'ai pas été déçue, c'est même le plus bel endroit que j'ai visité dans ma vie, plus intéressant encore que tout ce que j'aurais pu imaginer. Il faut dire que la croisière de 2 jours avec les bateaux de Bhaya Cruises m'a enchantée. Le bateau serpente à travers des formations de roches gigantesques, on dirait un film qui se déroule sous nos yeux. Et que dire du service sur ce bateau ! Un rêve, nous avons été traités comme des stars, par l'équipe de cette compagnie.

Toujours au nord de Hanoi, le trek de 16 km que nous avons effectué dans les montagnes, au sud de Sapa, n'était pas piqué des vers non plus. Le paysages de rizières en terrasses, des femmes et des enfants des minorités Blank H'Mongs qui nous accompagnaient, et le silence qui ponctuait notre marche, avec les 19 degrés ambiants, je crois que c'était du bonheur pur.

Nous avons séjourné au Tavan Homestay & Elevenses, un havre de paix en pleine campagne. Le soir venu, nous avons dressé une table avec environ 300 paires de lunettes usagées que Denis Bissonnette avait apportées pour distribution aux gens du village. Quelle expérience mémorable, une belle œuvre humanitaire, bref le clou de ce voyage ! Imaginez, des gens qui redécouvrent des choses qu'ils ne voyaient plus depuis longtemps, qu'il s'agisse de la beauté d'une fleur, des détails d'un ouvrage de broderie ou de la lecture d'un journal...

Au centre du Vietnam, j'ai découvert Hue, l'ancienne capitale, une autre ville très animée. J'y ai surtout apprécié la visite de la Cité impériale, majestueuse mais en rénovation, guerre du Vietnam oblige.

Puis une promenade en bateau sur la rivière des Parfums m'a enchantée, juste avant une visite pittoresque au marché central Dong Ba, qui regorge d'épices et de délicieux plats cuisinés.
Mon coup de cœur au centre du Vietnam a été la découverte de la charmante cité de Hoi An, construite sur les rives de la rivière Thu Bon qui tire maintenant ses principaux revenus du tourisme. Il faut dire que nous sommes arrivés à Hoi An un soir de pleine lune, et y séjourner à cette occasion-là constitue un spectacle inoui à cause du festival des lanternes, qui a lieu chaque mois. Les soirs de pleine lune, la ville n'est éclairée qu'à l'aide de lanternes, mais c'est magique ! C'est l'occasion de faire un tour en petite barque sur la rivière, et de déposer sur l'eau une bougie, en faisant un vœu... Imaginez la scène, la rivière parsemée de bougies qui flottent, une véritable splendeur !

De plus, les restaurants de Hoi An, de part et d'autre des deux rives et auxquels on accède à pied, valent vraiment le détour, avec la nourriture fusion qu'on y sert.
Les ruines de My Son, patrimoine de l'Unesco datant du 4e siècle et à une heure de route de Hoi An, valent également une visite : il s'agit d'un havre de paix qui constitue une excursion intéressante, en pleine végétation.

En route pour Dalat, toujours plus au sud, la ville des cultures fruitières en montagne. Y aller en voiture vaut le détour, même s'il s'agit d'une route en lacets de 4 h à partir de Nha Trang, qui peut parfois nous donner des nausées tellement ça tourne...

Nous tenions à aller à Dalat à l'occasion du Festival des fleurs, et ce même si la grossiste en voyages avec laquelle nous transigions au Vietnam nous avait suggéré fortement de ne pas y aller en cette période si achalandée. Qu'à cela ne tienne : Steve est plus débrouillard que cette dame, qui nous avait dit qu'aucun hôtel n'était disponible à Dalat. Pendant que je prends une bière avec les deux amies qui nous accompagnent, Marie-Andrée et Martine, Steve en profité pour disparaître soudainement et se mettre à la recherche de deux chambres, pour la nuit. Il visite 16 hôtels à pied et finit par trouver deux chambres dans le dernier établissement visité. Nous pouvons donc passer la nuit à Dalat et profiter de la soirée de festival. Mais cette soirée est sur invitation seulement... Nous achetons donc 4 billets au marché noir et nous passons une soirée magnifique. Nous sommes probablement les seuls étrangers dans une foule de milliers de Vietnamiens, peut-être 100 000 personnes. Quel souvenir nous en conservons...

La dernière partie du voyage se passe dans le sud du Vietnam. On arrive à Saigon, ou Ho Chi Min-Ville, par la route, avec notre chauffeur. Il s'agit d'une ville de 7 millions d'habitants et du principal port du pays, et même d'Indochine. Au travers d'une circulation toujours infernale, on découvre un très beau centre-ville, avec son Palais de la réunification, sa Cathédrale, l'Hôtel Rex qui était le refuge des Américains durant la guerre, et l'hôtel Majestic avec sa superbe terrasse qui surplombe le Mékong. Au sud de Saigon, le delta du Mékong vaut également le déplacement, avec ses marchés flottants typiques, mais toutefois moins colorés que ceux de la Thaïlande voisine.

Steve et moi terminons le voyage dans un super hôtel de villégiature situé à Vong Tau, à 120 km au sud-est de Saigon. Quel splendeur que cet endroit où il n'y règne que calme et volupté. Nous sommes seuls sur la plage, à jouer dans les vagues.

Quand on en a assez, on se réfugie dans l'immense piscine d'eau salée, où l'on flotte, c'est le cas de le dire. La nourriture est sublime, notamment les rouleaux de printemps, les plus délicieux jamais mangés, ainsi que le riz frit aux fruits de mer, avec une bonne bière Saigon. Vraiment, la nourriture au Vietnam, c'est quelque chose !

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