Merveilleux mois d'octobre en Chine
Texte et photos d'Alain Roy
Pour vous donner une idée de la logistique de ce voyage, nous avons fait 11 vols d'avion, plusieurs croisières en bateau dont une de 3 jours sur le Yangtsé, des trajets de train dont un de 12 heures entre Beijing et Xian, enfin des trajets en voiture et en pousse-pousse. Tout ça avec des guides et chauffeurs privés qui nous attendaient dans chaque ville, sauf à Hong Kong. La plus belle façon de découvrir la Chine et ses merveilles, quand on ne parle pas le mandarin et qu'on veut explorer ce pays au maximum, en 28 jours.
Vendredi 30 septembre, samedi 1er octobre et dimanche 2 octobre
Montréal - Toronto - Hong Kong
Les deux vols se passent bien, le service est excellent, les repas aussi. Compte tenu du décalage horaire, nous arrivons comme prévu à Hong Kong le 2 octobre à 7 h le matin.
Nous sommes logés à Kowloon pour les deux jours de notre passage à Hong Kong. Kowloon est une péninsule en face de laquelle se trouve l'île de Hong Kong. Héritage britannique oblige, la conduite automobile s'effectue à gauche dans cette région alors qu'il faut un permis différent pour le continent, où l'on conduit à droite.
Pour un 3 étoiles, notre hôtel est très bien et notre chambre climatisée, ce qui nous réjouit car il fait 33 degrés, avec beaucoup d'humidité. Dans les rues, le dépaysement est total car la très grande majorité des affiches et des annonces est en cantonais. Ces pictogrammes n'ayant aucun référant avec notre langue, c'est ce qui constitue la principale difficulté d'un voyage dans l'Empire du milieu. Cependant, l'une des particularités de Hong Kong et de Kowloon est la langue parlée, qui n'est pas le mandarin mais bien le cantonais. Ce qui est remarquable, c'est le nombre d'affiches, d'informations et de publicités au mètre carré : hallucinant ! Nous recherchions un restaurant sur la rue Prat, qui est réputé cuisiner les meilleurs « dim sum » de Hong Kong, et il nous a fallu une heure et demie avant de repérer la rue et le restaurant.
Dépaysés mais heureux de l'être nous repartons, avec la carte de la ville, à la recherche d'une banque. Nous y faisons le plein de dollars hongkongais ou de yuans de Hong Kong, mais nous apprendrons plus tard que cette monnaie n'est pas acceptée en Chine ! Au long de notre promenade, nous nous faisons harceler par des vendeurs de rue qui nous proposent toutes sortes de produits de contrefaçon. Un vendeur pousse même l'audace de nous offrir de fausses montres Rolex en face d'une boutique de Rolex ! De Kowloon, nous apprécions la vue imprenable qu'offre Hong Kong, mais dans le smog, car le soleil n'y est visible que quelques mois par an.
Lundi 3 octobre
Hong Kong
Ce matin, départ de notre visite guidée de Hong Kong, ville de 8 millions d'habitants qui signifie « port parfumé » en mandarin. Après une courte visite du quartier des affaires, nous passons par Repulse Bay, ravissant quartier où galeries commerciales et gratte-ciel se développent à vive allure. Nous poursuivons jusqu'à Aberdeen, qui abrite un vieux port de pêche et une flottille de bateaux qui font office de résidences à mi-temps pour les pêcheurs de Hong Kong et leur famille (plusieurs scènes de films, de James Bond entre autres, ont été tournées là). On nous propose de faire un tour de sampan, sorte de petite péniche qui nous offre une visite très pittoresque, qu'il ne faut pas manquer. Nous poursuivons notre périple le long de la baie où nous arrêtons un moment pour prendre des photos des montagnes de Kowloon et des îles de la mer de Chine; nous visitons par la suite Stanley Marquet, qui est tout près.
Suit la montée périlleuse du Mont Victoria. Le chemin est très étroit et la montée, abrupte, mais que de beaux paysages pendant cette escalade d'une heure ! Du haut du Mont Victoria, nous avons une vue imprenable sur la montagne et le centre-ville de Hong Kong, mais le smog est toujours présent. Même si la montagne est extrêmement escarpée, les gratte-ciel y poussent un peu partout et l'on se demande comment ils ont pu être érigés dans un environnement aussi accidenté. Nous redescendons en funiculaire, qui a été construit en 1888 et qui a conservé ses rails d'origine.

Mardi 4 octobre
Kong Kong - Beijing
Nous constatons ce matin qu'à notre hôtel, nous sommes les seuls Occidentaux à choisir le buffet chinois plutôt que le buffet américain au petit déjeuner. On est venus en Chine pour manger comme les Chinois !
Nous décidons d'aller à pied visiter le marché aux fleurs et aux oiseaux, histoire de découvrir la ville et de prendre un bain de foule. Après une heure, nous sommes épuisés de marcher dans une foule aussi dense. Dans un premier temps, nous passons au travers du marché aux fleurs où les couleurs et les variétés exotiques nous fascinent. Mais le marché aux oiseaux, un peu plus loin, allait nous séduire davantage. Certains Chinois du marché aux oiseaux viennent ici exclusivement pour montrer la beauté et les prouesses de leurs protégés ailés. Mais disons-le, la majorité des gens rencontrés ici sont des marchands d'oiseaux. Les couleurs, la variété et la rareté des espèces font de cet endroit un lieu à visiter absolument. D'ailleurs, il n'y a pas que des oiseaux mais aussi beaucoup d'insectes; près de nous, un marchand d'insectes s'affaire à vider ces derniers pour la vente et la consommation.
Départ en autobus pour l'aéroport. Nous longeons le port et la baie de Hong Kong pendant une dizaine de kilomètres où nous pouvons voir des centaines de bateaux et de grues dans la baie qui manipulent des dizaines de milliers de contenants métalliques qui font de Hong Kong le plus grand port au monde en termes de manutention. Mentionnons également que le nouvel aéroport de Hong Kong est l'un des plus modernes au monde. Nous passons la barrière de sécurité et nous repérons un petit coin pour nous reposer. J'en profite pour raconter à Sylvie un rêve que j'ai fait le matin : je demeurais en Chine 6 mois par année, car j'étais devenu un célèbre professeur. Comment? Alors que je me trouvais à la place Tian An Men, un groupe d'étudiants universitaires, s'apercevant que je parlais politique avec la guide, m'avait demandé de faire des communications sur l'origine de la démocratie en Amérique et sur l'origine du contrat social en Occident... Il n'en fallait pas plus pour que ma sœur me qualifie de « célèbre professeur » durant tout le voyage !
Je n'avais aucune attente, sinon négative, avant d'arriver à Hong Kong et à Kowloon et ce fut l'une des belles surprises de mon voyage.
Nous arrivons à Beijing, qui signifie « capitale du nord ». Sophie, notre première guide, nous attend à l'aéroport. Il faut savoir que lorsque les étudiants chinois entrent à l'université en tourisme ou en langue étrangère, ils doivent choisir dès leur première année un prénom occidental. Sophie nous amène manger dans un restaurant familial ; elle choisit une dizaine de plats et nous avons pour la première fois une bonne idée de la formidable gastronomie de ce pays.
Notre chambre d'hôtel à Beijing est particulièrement austère et dépouillée. On a l'impression d'être dans un vieux film des années 60. En me déshabillant pour le coucher, je m'aperçois que j'ai perdu ma carte de guichet automatique - après trois jours en Chine, j'ai déjà perdu plusieurs bouteilles d'eau, un magazine et ma carte de guichet. Excellent! Tout va bien !
Mercredi 5 octobre
Beijing
À 9 h, nous sommes en route pour la place Tian An Men, « porte de la paix céleste » et création de Mao où ce dernier passait en revue jusqu'à un million de gardes rouges durant la révolution culturelle. Je me fais arrêter à plusieurs reprises par des jeunes filles qui veulent être prises en photos avec un occidental. D'ailleurs, tout le monde se retourne sur notre passage. En fait, nous sommes en plein milieu de la semaine de congé de la fête nationale des Chinois, le 3 octobre.
Sur cette gigantesque place, on peut observer un mélange d'édifices et de monuments anciens : le musée d'Histoire de la révolution chinoise, le palais de l'assemblée du peuple (le Parlement chinois), la porte du Devant (c'est d'ailleurs de cette porte que Mao proclama la République populaire de Chine le 1er octobre l949), le mausolée de Mao et le monument aux Héros du peuple. Sophie nous raconte qu'il y a plusieurs années, on a entrepris la réfection de la place Tian An Men car plusieurs dalles de béton devaient être changées. Peut-être les dalles étaient-elles souillées de sang ? Sophie n'en dit mot.
Au nord de la place Tian An Men se trouve la Cité Interdite qui constitue le plus gigantesque et le mieux préservé des ensembles architecturaux chinois. Cette Cité servit de résidence à deux dynasties impériales, les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911). Les membres ne quittaient la Cité qu'en cas de nécessité absolue et elle était strictement interdite au peuple. Après la visite, nous allons manger chez l'habitant, dans une petite maison très modeste située dans un quartier populaire où nous sommes reçus par une dame très timide. Nous avons dû insister pour qu'elle mange avec nous ses superbes raviolis. Tout près se trouvent les anciens quartiers chinois formés de petites ruelles que l'on appelle les hutongs, où nous nous promenons en pousse-pousse. Certains hutongs remontent à plus de 700 ans mais modernité oblige, la ville de Beijing n'a cessé de les détruire en prévision des Olympiques.

Le soir venu, nous allons déguster un autre excellent repas, très épicé, spécialité de la province du Hunan. Après le souper, nous allons voir un spectacle haut en couleurs, à l'opéra de Pékin. Petite anecdote : avant le spectacle, notre guide Sophie, assise à côté de moi, lisait le petit livre rouge de Mao, en français. Je suis profondément convaincu que notre guide est communiste !
Jeudi 6 octobre
Beijing
Visite de la Grande Muraille de Chine, section Baldaling, par une journée d'automne absolument magnifique. Construite voilà 2000 ans par l'Empereur Qin, la Grande Muraille s'étend sur plus de 5 000 km à travers le pays. Baldaling est de loin la section touristique la plus visitée. On rencontre trois belles Tibétaines, à la peau rôtie par le soleil, qui vendent des cartes postales; elles me demandent par signes si elles peuvent prendre des arachides dans mon sac.
En retournant vers le centre-ville, à environ une heure de voiture, nous nous arrêtons pour visiter l'un des tombeaux Ming. La route de 7 kilomètres qui conduit aux tombeaux est appelée « la voie des esprits ou la voie sacrée ». Elle débouche sur une garde composée de 12 paires d'animaux de pierre. Cette allée est absolument magnifique et vaut à elle seule le déplacement.
Dans l'après-midi, Sophie nous propose d'aller visiter la plus grande clinique et lieu de culture de plantes médicinales de Beijing, où l'on forme les futurs médecins. Pendant qu'une femme médecin nous explique les principes de la médecine chinoise, de jeunes massothérapeutes en formation viennent nous faire un massage de pied. Pendant ce temps, deux couples de médecins et traducteurs voient chaque personne afin de lui faire un bilan de santé à la chinoise. Mais là où ça devient tordant, c'est lorsqu'une Française commence à expliquer au traducteur sa litanie de maladies, sans laisser le temps à celui-ci de traduire au médecin. Elle pensait que le traducteur était le médecin ! Sylvie et moi avons ri pendant une quinzaine de minutes.
Au souper, nous allons déguster la spécialité la plus célèbre de la capitale, le canard laqué. Dans un premier temps, un cuisinier vient à notre table déshabiller le canard de sa peau, et dans un deuxième temps, il nous montre comment rouler la peau du canard dans une petite crêpe, assaisonnée d'échalotes et de sauce à la prune. Grosse journée, encore une fois merveilleuse !
Vendredi 7 octobre
Beijing
Nous commençons notre matinée par la visite du Palais d'été, l'un des plus beaux sites de Beijing. Son parc agrémenté d'un lac, ses temples, pavillons et immenses galeries-promenades servaient de villégiature à la cour impériale qui échappait ainsi à la chaleur étouffante de la Cité interdite. Ce qui m'a le plus impressionné c'est la Changlang, une longue galerie-promenade décorée de scènes mythologiques qui borde le lac sur plus de 700 mètres.
Dans l'après-midi, nous visitons une des perfections de l'architecture Ming, le Temple du ciel, qui fait partie du complexe historique du même nom. Il symbolise aujourd'hui Beijing et se trouve partout, sur les dépliants touristiques et les étiquettes d'innombrables produits. Les habitants de l'Empire du milieu ayant une préoccupation particulière pour les points cardinaux, ils ont doté le temple de quatre portes aux quatre points cardinaux. Lorsqu'on se tient au centre de la terrasse supérieure et qu'on prononce un mot, il se répercute sur les balustrades de marbre en amplifiant le son. Le mur de l'Écho, de 65 m de diamètre, entoure la Voûte céleste impériale.
Nous finissons la journée par la visite d'une fabrique de soie, qui commence par une parade de mode. Les femmes asiatiques sont d'une beauté céleste, avec une harmonie des lignes et des formes. Au souper, nous allons dans un restaurant occidental 5 étoiles où l'on sert un buffet nord-américain et asiatique. C'est une fête pour notre guide, qui apprécie la cuisine occidentale. Le séjour avec Sophie achève et nous lui remettons un pourboire. Elle nous offre à son tour un présent : un merveilleux carnet de notes avec un petit mot gentil pour moi et un beau foulard en soie pour Sylvie. Ce souper, teinté d'émotions, demeure un très beau souvenir de voyage.
En nous rendant à la gare de train, nous voyons pour la première fois Beijing de nuit et c'est très joli, particulièrement la place Tian An Men. À la gare, c'est la cohue. Je n'ai jamais vu autant de monde, de ma vie. Sans notre guide, nous serions encore là ! Les billets achetés, Sophie vient nous conduire à notre wagon-lit. Dans le compartiment qui nous est destiné, il y a une charmante Chinoise et son enfant et, surprise, une bonne amie de Sophie, Jade, qui guide un groupe de Français. Sommeil réparateur. À 4 h du matin, j'observe la campagne chinoise au lever du soleil.
Samedi 8 octobre
Xian
Arrivée à Xian à 8 h. La plus ravissante guide du voyage se nomme Céline et elle nous attend à la gare. Nous nous rendons à l'hôtel en marchant car il est tout près. Je vais acheter une carte de la ville, étant donné que nous avons la journée libre. Céline nous identifie trois sites à visiter à pied et indique sur une feuille, en français et en mandarin, le nom des sites; elle ajoute une phrase demandant à un éventuel chauffeur de taxi de nous reconduire à notre hôtel.
Xian est le berceau de la civilisation chinoise et l'ancienne capitale de Chine. Elle compte 7 millions d'habitants dans une province, Shaanxi, qui en compte 39. Pendant plus de 2000 ans, la cité vit l'ascension et le déclin de nombreuses dynasties chinoises. Les monuments et les sites archéologiques rappellent qu'elle fut autrefois le centre du monde chinois.
Nous décidons de nous rendre à la Tour de la cloche, à 3 kilomètres de notre hôtel, qui marque le centre de Xian d'où partent les quatre principales artères. Du haut de cette énorme tour, on a une très belle vue de Xian. La tour doit son nom à une grande cloche de fer qui rythmait les heures. Après la visite, nous décidons d'attraper un taxi pour rentrer à l'hôtel. À Xian, on est au cœur de la Chine et tout est en mandarin, sauf quelques noms de rues qui sont identifiés dans notre alphabet. Sensation merveilleuse d'égarement ! Trois fois nous arrêtons un taxi, mais aucun chauffeur ne comprend où nous voulons aller, même si nous lui montrons la traduction de Céline en mandarin ! Un peu découragés, nous avons dû retourner à l'hôtel à pied. Céline nous expliquera plus tard que plusieurs chauffeurs de taxi viennent d'autres provinces et, peu éduqués, ne comprennent pas le mandarin...
Pouvez-vous imaginer une ville de 7 millions d'habitants sans métro ? Vous aurez compris que Xian est une ville quasi inconduisible où se marient dans la confusion autos, vélos, autobus, piétons, pousse-pousse, etc. Ajoutez à cela l'absence de règlements sur la sécurité routière et vous comprenez alors le cafouillis dans les rues. De plus, ce qui est particulier dans cette ville c'est qu'on ne voit jamais le soleil autrement qu'au travers d'une pellicule ou d'un nuage de pollution, toujours présent. Notre guide n'a que 22 ans et sa toux constante annonce déjà des problèmes respiratoires. Mentionnons que Xian se trouve dans la principale province de Chine où l'on exploite le pétrole et le charbon. Ce soir nous allons manger dans un restaurant populaire où l'on nous sert des « dumpling », la spécialité culinaire de Xian : pâtes délicieuses en forme de fleur fourrées de différentes viandes, semblables aux raviolis.
Dimanche 9 octobre
Xian
La deuxième visite de la journée, en banlieue de Xian, nous l'attendions vraiment : l'armée enterrée de soldats en terre cuite. Aussi célèbre que la Grande Muraille et la Cité Interdite, l'armée enterrée, vieille de 2000 ans et incroyablement bien conservée, continue de veiller sur l'ancienne nécropole impériale. L'empereur de l'époque, croyant que la vie se poursuivait après la mort, avait fait construire cette armée et l'avait enterrée avec lui pour se protéger. Les 6000 guerriers et chevaux de terre cuite font face à l'est, en formation rectangulaire. Chaque visage arbore une morphologie et une expression différentes. C'est absolument incroyable le travail qui a été réalisé là. C'est l'attraction archéologique la plus spectaculaire en Chine.

Céline nous amène manger une véritable fondue chinoise dans un quartier populaire de Xian. Il y a deux marmites sur la table : une constituée d'un bouillon de légumes, l'autre, d'un bouillon épicé. Le bouillon épicé est épicé ! Nous avons une douzaine de plats à cuire : mouton, yak, poisson, œufs d'oiseau, cœurs de lotus, grands légumes, patates, bambous, champignons, bananes frites, pain, pommes. Un banquet ! J'y vais à cœur joie dans le bouillon épicé et quelques jours plus tard, mon corps déclenchera une alarme sérieuse. Lors de la croisière sur le Yangtsé, ma peau deviendra rouge comme un piment - j'avais d'ailleurs lu dans le Lonely Planet que les mets épicés pouvaient ruiner un voyage en Chine.
Nous terminons la journée par la visite de la Grande pagode des oies sauvages. Cette pagode occupe l'emplacement de ce qui fut autrefois le temple de la Grande Grâce maternelle, dans le sud de Xian. Cette pagode fut érigée vers 648; il s'agit d'une spectaculaire forteresse de briques et de bois, de 64 m de hauteur. Nous assistons plus tard à un petit atelier de sérigraphie où Sylvie se laisse séduire par un peintre dont elle achète 4 toiles symbolisant les saisons.
Nous devions assister à un spectacle et manger après. Nous trouvons une table, prenons une bière et discutons étude et tourisme avec Céline. Un très beau moment. Nous sommes émerveillés par le spectacle Tang, les couleurs, les danseurs, la musique. J'ai rarement vu autant de beauté. La guide nous laisse souper ensemble et après le spectacle, nous faisons un trip de rire avec deux petites serveuses devenues nos complices. La responsable de la section doit intervenir tellement ce rire est communicatif. Au départ, une confusion de langage.
Lundi 10 octobre
Xian - Guilin
Réveillé à 6 h, je suis sans énergie ce matin. J'ai passé une mauvaise nuit : j'ai trop mangé, trop ri, j'ai eu trop chaud et je suis très fatigué. Nous partons de l'hôtel avec nos bagages pour le musée anthropologique de Xian.
À 12 h, nous allons manger dans un autre excellent restaurant local et nous allons ensuite visiter les remparts de la ville. Xian est l'une des rares villes chinoises à avoir conservé, en grande partie, ses anciens remparts. Après avoir flâné quelque temps dans ce pittoresque quartier, nous nous arrêtons dans un des cafés intellectuels de Xian. C'est vraiment chouette.
Nous prenons un vol pour Guilin et constatons l'écart de température : il fait beau, chaud et humide. Yves, notre sympathique guide, est de la minorité Baï. Nous avons la soirée libre et notre hôtel surplombe une superbe promenade juxtaposée au canal Ling qui serpente la ville. C'est un endroit féérique, de toute beauté ! Chaque arbre, le long de la promenade, est illuminé de couleurs. Cela me rappelle la promenade qui traverse la ville de San Antonio, au Texas.
Mardi 11 octobre
Guilin
À 5 h du matin, je suis à l'extérieur en train de contempler la lune et le lever du soleil. C'est une merveilleuse journée qui s'annonce pour notre croisière sur la rivière Li. Nous prenons le déjeuner à l'hôtel sur le bord de la promenade : nous y observons plusieurs groupes d'adultes faire du tai chi. Après une petite séance de courriel, nous sommes prêts pour aller observer l'un des plus beaux paysages au monde. Guilin est célèbre pour les pics karstiques qui l'entourent et qu'on peut particulièrement observer tout le long de la rivière Li. Cette attraction fait d'ailleurs de Guilin l'une des villes les plus touristiques de Chine.
La croisière d'une journée sur la rivière Li est à couper le souffle. Rien de moins ! J'ai pris une quantité phénoménale de photos. Pas un seul nuage dans le ciel. Dans l'après-midi, on nous offrira un verre de vin d'osmanthus, petite fleur jaune délicate caractéristique de Guilin : absolument succulent.

Nous terminons la croisière dans le petit village de Yangshuo où nous attend notre guide. Au retour, nous prenons plusieurs photos de rizières car c'est le temps de la récolte en Chine et l'on peut observer les paysans dans les champs. Après notre visite du marché coloré de Yangshuo, nous nous arrêtons à la colline « en trompe d'éléphant » dans un très beau petit parc où l'on peut voir, les arbres étant en floraison, plusieurs fleurs d'osmanthus. Au retour, j'en profite pour acheter une bouteille de ce vin. À notre demande, le guide et le chauffeur acceptent de souper avec nous dans l'un des restaurants locaux où ils vont régulièrement manger.
Mercredi 12 octobre
Guilin - Kunming
Dans le milieu de la matinée, Yves nous conduit à Danfu, un splendide petit bourg à l'extérieur de la ville de Guilin où vivent des paysans. Le village est tout petit mais autosuffisant. On y observe, tout autour de la communauté, des champs en pleine culture où céréales, fruits et légumes foisonnent. Ajoutez à cela les commerces qui se trouvent en façade de chaque demeure, puis l'arrière-cour du village, constituée par le delta de la rivière Li où paissent yaks, chèvres, poules et coqs, et vous aurez compris que ce village est parfaitement autonome, comme plusieurs en Chine. On voit sur la porte de plusieurs demeures des inscriptions en Baï qui souhaitent la bienvenue, le bonheur, la sécurité et la protection contre les brigands. On s'aperçoit très rapidement que c'est une visite hors circuit touristique car on y rencontre que les gens du village. Nous avons même le privilège de visiter la demeure d'une famille qu'Yves semble connaître très bien.
Après la visite, nous retournons à Guilin pour nous restaurer dans un hôtel local. Le lunch terminé, nous quittons pour l'aéroport et la province du Yunnan, qui est l'une des plus belles découvertes du voyage. À notre arrivée à l'aéroport, Catherine, notre guide à Kunming, nous attend comme prévu. Nous allons visiter le marché aux fleurs et allons ensuite souper au dernier étage d'un merveilleux hôtel qui surplombe la ville.
Jeudi 13 octobre
Kunming
Le Yunnan est une province située au sud-ouest de la Chine qui compte 44 millions d'habitants, dont 4 millions pour la capitale, Kunming. Il constitue indubitablement l'une des provinces les plus attrayantes et les plus variées de Chine, avec un climat tempéré et des paysages contrastés, allant de la forêt tropicale humide à des pics tibétains enneigés. C'est la terre où s'épanouit la moitié de la flore et de la faune représentatives du pays. C'est aussi la province qui comporte le tiers des minorités ethniques du pays (près de 50 % de la population au Yunnan est non Han, ce qui assure un dépaysement total avec les autres provinces de Chine, constituées de 93 % de Han). Si vous n'avez qu'un endroit à visiter en Chine, le Yunnan s'impose. Nous aurons le privilège de côtoyer à Dali la minorité Baï, à Lijiang les Naxis et à Shangri-la, les Tibétains.
Baptisée la « cité du printemps », Kunming possède un caractère particulier et semble appartenir à un autre monde que Beijing. Notre guide Catherine est très représentative de la classe moyenne chinoise. Elle est diplômée en tourisme et langue étrangère et son conjoint, avec un doctorat en informatique, travaille à Montréal, pour IBM. Ils ont un petit bébé et les deux travaillent, mais alors énormément ! Nous nous rendons d'abord au lac vert près de notre hôtel, en passant par un marché très grouillant. Nous visitons un parc particulièrement animé le dimanche avec son coin pour les orateurs, ses pédalos colorés et ses familles venues profiter de leur jour de repos. Il fait une journée superbe et l'endroit est merveilleux. Nous quittons pour Shilin et la Forêt de pierre, à environ 120 km au sud-est de Kunming.

Une fois à Shilin, on peut observer d'immenses piliers de calcaire gris, modelés par la pluie et l'érosion, dont le plus haut atteint 30 m. Des fossiles marins découverts dans la région suggèrent que le site fut jadis immergé. La légende veut que les Immortels aient découpé une montagne en labyrinthe pour offrir une cachette aux amoureux. Plusieurs forêts de pierre émaillent la région. La partie ouverte au public couvre 80 hectares. À 12 km au nord-est, une autre série de rochers appelés forêt des Champignons couvre 300 hectares, ponctués de cavernes karstiques et d'une grande cascade. Nous parcourons avec Catherine des sentiers peu connus du public et prenons de très belles photos. Sur le site, il y a plusieurs beaux endroits aménagés où coulent de petits ruisseaux.
Au retour, nous arrêtons encore une fois faire un festin constitué de canard laqué et de fromages de chèvre. Nous terminons la journée à Kunming où nous visitons le musée de la province. Nous quittons déjà demain pour Dali.
Vendredi 14 octobre
Dali
Dali est le lieu idéal pour se détendre. L'éblouissant paysage de montagne, le lac Erhai, la vieille ville, les cappuccinos et boissons aux herbes que l'on trouve partout font de Dali l'un des endroits précieux en Chine. Autrefois centre politique, économique et culturel du Yunnan, la ville est située à 1900 m d'altitude, avec comme toile de fond, l'imposante chaîne des monts Vert de Jade, d'une altitude moyenne de 4000 m. Le million et demi d'habitants de cette région est constitué en majorité de Baï, installés ici depuis 3000 ans.
Après avoir apprécié le point de vue imprenable sur le lac Erhai à partir de notre hôtel, nous assistons ensuite au petit spectacle de bienvenue de la minorité Baï et à la cérémonie des trois thés. Nous passons ensuite à la visite des trois pagodes dressées à flanc de colline à 2 km au nord-ouest de Dali; ces trois pagodes sont absolument saisissantes car elles se reflètent dans les eaux du lac voisin.
Nous allons par la suite marcher dans la vieille ville et faire une balade sur ce lac absolument splendide et immense qu'est le lac Erhai. C'est vraiment magnifique, j'en ai le souffle coupé pendant trois heures. À un moment donné, nous nous arrêtons dans un petit village pour embarquer des gens. Un homme âgé monte à bord et je dois insister pour lui céder ma place, qu'il accepte finalement avec humilité, en courbant plusieurs fois le tronc en guise de remerciement et en tenant ma main dans la sienne. Quel beau moment !
Samedi 15 octobre
Lijiang
En route vers le nord à l'heure prévue pour Lijiang, où vit principalement la minorité Naxi depuis 1400 ans, une société matriarcale de 286 000 membres. Le matriarcat Naxi maintient les hommes sous la coupe des femmes, avec des arrangements flexibles pour les affaires de coeur. Les femmes héritent des propriétés et ce sont les femmes âgées qui arbitrent les différends.
À 2 400 m d'altitude, proche du Tibet et blottie au cœur d'une magnifique vallée, la ville de Lijiang est à notre avis la plus belle découverte de ce voyage. Nous déambulons à travers les canaux et la multitude de ruelles dans la vieille ville avec notre guide Snow, qui en profite pour nous apprendre quelques termes de la langue.
En revenant à l'hôtel, nous passons par la place du vieux marché, au centre de la vieille ville, où nous assistons à une célébration teintée de chants et de danses de la minorité Naxi, avec des femmes en costume traditionnel. Les femmes portent des blouses bleues et des pantalons couverts de jupons bleus ou noirs. La traditionnelle cape en T sert non seulement à retenir le panier qu'elles portent en permanence sur le dos, mais symbolise également le ciel. Des perroquets et des plantes décorent les porches, des femmes vendent des gaufres devant leurs maisons de thé et des joueurs jouent aux cartes sur des tables dressées au milieu de la rue. Nous sommes complètement sous le charme de cette ville.

Il faut savoir qu'en 1996, un séisme de plus de 7 degrés sur l'échelle de Richter secoua la région de Lijiang, tuant plus de 300 personnes et en blessant 16 000 autres. L'architecture Naxi ancienne supporta bien le choc. Le gouvernement chinois décida de reconstruire la zone en prenant modèle sur l'architecture traditionnelle Naxi, remplaçant le ciment par des pavés et du bois. La survie de Lijiang impressionna tant les Nations Unies que celles-ci placèrent tout le district sur la liste du Patrimoine mondial en 1999.
Dimanche 16 octobre
Lijiang
Notre hôtel est situé dans un endroit paradisiaque, sur un îlot entouré de canaux et nous y avons accès par un petit pont. La température est idéale, c'est ensoleillé avec un mercure d'environ 20 degrés, sans pollution. Nous commençons notre visite par le marché local, très occupé et très coloré. Pas de touristes occidentaux. Nous terminons notre matinée par la visite du parc de l'Étang du Dragon noir, où les Chinois viennent y prendre des photos de mariage. Il y a des clichés exceptionnels à réaliser de la vue imprenable que nous avons des Snow Mountains, car nous sommes très près de l'Himalaya. Après le dîner nous découvrons une petite boutique Naxi qui vend des T-shirts imprimés de hiéroglyphes Naxi. J'y achète plusieurs chandails et notre guide nous traduira la signification des pictogrammes tout en savourant un excellent thé.
Lundi, 17 octobre
Lijiang
Nous commençons notre journée en nous rendant dans le pittoresque village de Yuhu, qui ne fait partie d'aucun circuit touristique. Nous y rencontrons plusieurs paysans à cheval ou à dos d'âne qui reviennent des champs avec des paniers pleins à ras bord.
Lijiang est aussi célèbre pour les fresques de ses temples, réalisées pour la plupart aux XVe et XV1e siècles par des artistes qui dépeignent des scènes taoïstes (chinoises) ou bouddhistes (tibétaines). Nous avons pu en observer au temple du Pic de jade, petite lamaserie située sur une colline où vivent des moines bouddhistes dans le plus grand dépouillement, avec les animaux qui y circulent librement. Nous terminons la soirée à la grande place où il y a une fête de musique et de danse populaire : Sylvie se mêle aux Naxi pour festoyer. Moment magique !
Mardi 18 octobre
Zhongdian ou Shangri-la
En route pour la région tibétaine de Zhongdian, rebaptisé Sahngri-la, le « toit du monde ». C'est à environ 200 km au nord-ouest de Lijiang. Notre nouveau guide se nomme Tinley, il est Tibétain. Tout du long du périple dans les montagnes et la route accidentée, nous découvrirons des paysages exceptionnels au bord du fleuve Yangtsé et de la Gorge du Tigre.
Tout juste avant d'arriver à Shangri-la, qui marque le début du monde tibétain, nous passons un barrage policier où il y a vérification d'identité. Tinley nous explique que plus nous approchons de la frontière du Tibet, plus les contrôles sont fréquents et impromptus. Nous nous installons à l'hôtel et je constate avec stupéfaction que j'ai des problèmes avec l'altitude. Zhongdian est en effet à 3200 m au-dessus du niveau de la mer et j'aurai besoin de 24 heures pour m'adapter.
La vieille ville de Zhongdian mérite le détour. Tinley nous explique que plusieurs temples, maisons et bâtiments sont en reconstruction car lors de la révolution culturelle chinoise, les garde-rouge y ont fait un ravage colossal et le gouvernement chinois veut maintenant redonner un cachet typiquement tibétain à cette ville. Nous soupons dans un beau petit restaurant local puis nous assistons, sur la grande place du village, aux festivités quotidiennes de chants et danses des Tibétains après le souper. C'est vraiment très particulier.
Mercredi 19 octobre
Zhongdian
Nous allons visiter le principal monastère tibétain à Shangri-la, le monastère Songzanlin où les fresques illustrant les cycles de la vie sont d'une grande beauté, ainsi que le point de vue sur la vallée. Tinley nous rappelle les trois principes du bouddhisme : l'aide aux autres, la compassion et la patience. Il faut par ailleurs éviter à tout prix la concupiscence, la colère et l'abrutissement.

Après cette visite, nous nous rendons chez une famille tibétaine, avec qui Tinley est familier. On nous offre un thé au beurre de yak et du fromage de yak avec bannick, assis autour du poêle au bois. Nous restons assis sans parler pendant que la femme baratte le beurre. Nous passons de beaux moments avec cette famille tibétaine. Les prés et les fleurs dans les champs sont absolument merveilleux et ce qui est remarquable, c'est qu'aucune clôture ne sépare les pâturages de la route; la prudence s'impose en automobile car les routes sont encombrées par les animaux.
Notre avant-dernière visite est celle du lac Napa, situé dans une réserve naturelle entourée de prairies herbeuses où l'on remarque en saison des grues à col noir. Il est intéressant d'observer la vie sociale d'un petit groupe de Tibétains où les femmes s'affairent à s'occuper des enfants, des animaux et des champs tandis que les hommes jouent aux cartes. Une société matriarcale peut-être ? Nous terminons notre journée avec la visite du temple Ringha, le plus vieux temple de cette région, où des moines vivent depuis 800 ans dans le plus grand détachement.
Jeudi 20 octobre
Kunming - Chongqing
Nous nous levons tôt pour notre vol Zhongdian - Kunming. J'observe que je suis en train de devenir rouge comme un piment. Je me demande si je ne fais pas une réaction au fromage ou au thé de yak, ou encore aux mets épicés que nous mangeons depuis le début du voyage - j'ai d'ailleurs lu dans le Lonely Planet que les épices pouvaient gâcher un voyage en Chine.
Nous retrouvons Catherine à Kunming et nous allons visiter le plus grand temple boudhiste de cette ville, le temple Yuantong. Vieux de plus de 1000 ans et restauré plusieurs fois, de l'entrée à la salle principale abondent les bonzaïs et les fleurs en pots. Le site est immense et nous flânons dans la grande cour, qui s'agrémente d'un bassin traversé de passerelles et de ponts.
Après le dîner constitué d'un « hot pot » aux champignons, nous nous rendons à l'aéroport pour un vol en direction de Chongqing, où nous prendrons le bateau pour la croisière de 3 jours sur le Yangtsé. La guide Cherry, charmante en passant, nous attend et nous propose un tour de ville de Chongqing, mais nous préférons flâner quelques heures dans cette ville juchée sur des collines escarpées au confluent de deux fleuves - Yangtsé et Sanxia. C'est la raison pour laquelle nous n'y voyons que peu de bicyclettes.
Nous soupons dans un beau restaurant et nous nous précipitons ensuite pour l'embarquement sur le bateau, où c'est la cohue totale. Nous admirons la ville tout illuminée. C'est magique !
Vendredi 21 octobre
Croisière sur le Yangtsé
Début de la croisière sur le Yangtsé. Les paysages impressionnants et les flots impétueux du plus important fleuve de Chine ont été une source d'inspiration pour de nombreux peintres et poètes chinois, mais ont laissé de marbre ceux qui devaient naviguer sur les méandres de ce fleuve périlleux, au prix d'efforts harassants. Long de 6 300 km, le Yangtsé est le plus grand fleuve de Chine, et le troisième au monde. Les Trois Gorges du Yangtsé sont considérées comme l'une des merveilles du pays mais lorsque l'énorme barrage sera achevé, elles seront submergées; 1 500 000 personnes auront été déplacées et le sud-ouest de la Chine sera à jamais modifié.
Nous passons donc une bonne partie de la journée sur le pont du bateau malgré un crachin qui s'est installé et qui ne nous quittera pas tout au long de la croisière. Cela ne m'empêchera pas de me noyer dans ce paysage fantastique... et d'y attraper une grippe carabinée !

Nous nous arrêtons aux abords d'une ville afin de prendre un plus petit bateau qui nous permettra de nous enfoncer dans une des gorges afin d'aller visiter la cité de l'empereur blanc ou le temple Zhang Feng. Il y a des points de vue absolument merveilleux, à couper le souffle. Après 3 heures, nous revenons sur notre bateau de croisière, fatigués mais heureux de nous reposer.
Samedi 22 octobre
Croisière sur le Yangtsé
Nous nous levons à 6 h et observons du bateau la gorge Qutang, la plus petite des trois gorges. À 8 h nous partons sur un plus petit bateau pour aller la visiter; elle est absolument merveilleuse. Vers 12 h nous admirerons l'une des plus longues gorges du Yangtsé, avec 45 km de longueur, puis plus tard nous aurons droit à la plus longue gorge, la gorge Xilling. Après le souper, nous trouvons assez impressionnant de passer les écluses nous permettant de sauter le barrage.
Dimanche 23 octobre
Yichang - Wuhan
Nous quittons le bateau pour embarquer dans la voiture qui nous mènera, dans 5 h, à Wuhan, vaste cité industrielle de 8 millions d'habitants de la province de Hubei. Le guide Mali nous signale que Wuhan est en plein essor : les investissements chinois et étrangers l'aideront à rivaliser avec des villes comme Nanjing et Shanghai.
Lundi 24 octobre
Wuhan - Shanghai
Notre passage à Wuhan est très court mais nous avons le temps de visiter l'université, datant de 1913, le fief de Mao et la tour de la Grue jaune, un ancien poste d'observation militaire. Le fief de Mao est cette propriété bucolique où séjourna le Grand Timonier et où furent prises des décisions capitales pendant la révolution culturelle.
Arrivée à Shanghai. Le guide que nous aurons dans cette ville, Julien, est la seule personne déplaisante rencontrée dans tout le voyage, mais cela teintera notre découverte de Shanghai.
Mardi 25 octobre
Shanghai
Shanghai, ville de 18 millions d'habitants, le Paris de la Chine, cité des nouveaux riches et des fortunes mal acquises, ville des aventuriers, des joueurs et des hommes d'affaires. La ville reflète les contradictions de la Chine actuelle, où coexistent, de manière abrupte, les attributs du modernisme le plus débridé et un archaïsme manifeste, dont la pauvreté est le signe le plus évident. Shanghai a toujours été un foyer contestataire. On considère qu'elle représente un baromètre de l'humeur du pays.
Nous quittons l'hôtel pour aller visiter la vieille ville, dont une partie a conservé son charme. La ville chinoise demeure un labyrinthe de venelles, bordées de maisons blotties les unes contre les autres. Nous nous déplaçons ensuite pour visiter les jardins Yu Yuan, un bel exemple de jardin paysager Ming. Nous modifions l'itinéraire pour aller visiter le quartier français, quartier très pittoresque avec ses places publiques et ses cafés typiques, ses boutiques et magasins d'antiquités, avec de beaux immeubles art déco et des hôtels particuliers néoclassiques.
Dans l'après-midi, nous allons visiter le Bund, et quelques institutions financières aux architectures magnifiques et halls d'entrée fastes. Le mot « Bund » est un terme anglo-indien qui désigne un quai sur une berge boueuse. Ce terme est approprié puisque Shanghai est réellement victime de la boue. Entre 1920 et 1965, la ville s'est enfoncée de plusieurs mètres. Il a fallu pomper l'eau du sol, mais la menace continue de planer, comme à Venise.
Le Bund est le symbole de Shanghai. Pour les Européens, le Bund était le Wall Street de la cité où se faisaient et se défaisaient les fortunes. Il s'apprête aujourd'hui à subir de nouvelles transformations. L'immeuble de la Hong Kong & Shanghai Bank, aisément reconnaissable au dôme qui le coiffe, fut achevé en 1921; il constitue l'un des plus beaux édifices de la ville. Nous retournons à l'hôtel dans une circulation infernale et dans des conditions de pollution extrême.
Mercredi 26 octobre
Shanghai - Hong Kong
Excellent vol Shanghai - Hong Kong. Nous retournons à Kowloon, au même hôtel où nous étions, au début du voyage. Il est toujours agréable de se promener dans une ville que l'on a apprivoisée auparavant. Nous choisissons un restaurant avec des spécialités de Shanghai : repas céleste où nous mangeons du canard, de l'abalone et des crevettes, le tout arrosé de vin blanc. Bref, nous nous payons la traite avec les yuans hongkongais que nous n'avions pu écouler. Nous descendons sur la promenade qui longe la mer de Chine pour admirer Hong Kong une dernière fois, de nuit.
Jeudi 27 octobre
Hong Kong - Montréal
Dernière journée en Chine. Nous nous rendons au marché aux fleurs car il y a un bazar tout près où nous avions prévu faire nos emplettes. Nos passons une bonne partie de la matinée à nous imprégner de l'ambiance, car qui sait quand nous reviendrons en Chine ! Ce voyage fut de loin le plus extraordinaire de ma vie. Il m'a permis notamment de découvrir une merveilleuse compagne de voyage : ma sœur ! |